07 février 2007

soudan cynique

Que les chinois fassent ce que bon leur semble chez eux, voila qui nous rassure beaucoup ; Mais lorsqu'ils se mêlent de politique internationale en soutenant, à coups de veto et d'accords économiques, tous les dictateurs au mépris de potentielles résolutions d'aide, au prétexte époustouflant du droit à la souveraineté des peuples, voilà qui nous inquiète un peu...

Sous mon veto le Soudan se déchire
Souverainement
Qu'au Potala mes troupes délassées
Entre les bras de la déesse Déshonorée
Empirent


Confucius est un penseur du Ve av. JC qui a laissé une empreinte si forte en chine que peu de philosophes parviennent aujourd'hui à lui disputer le podium, d'autant qu'aucun, même au temps de la rêve au cul où il était de bon ton de ridiculiser le bonhomme, aucun de ses pourfendeurs donc n'a eu la bonne idée de déconstruire les fondements de cette pensée figée en tradition. Cette déconstruction aurait pourtant peut-être éclairé le lien structurel historiquement établi entre le système hiérarchique familial et étatique[1], éclairage justement par trop susceptible de brûler ces échelons multimillénaires inamovibles pour que les révolutionnaires de l'époque n'en favorisent la percée. Grâce à la diabolisation et l'interdit qui frappèrent pendant plus d'un demi siècle les sciences humaines, notamment la linguistique moderne, la philosophie analytique, la psychologie[2], le germe de l'idée de déconstruction n'a de facto jamais pu trouver de terreau à son implantation. Si l'interdiction est dépassée partiellement, la diabolisation qui, elle non plus n'a jamais fait l'objet d'aucune critique, se perpétue insidieusement à travers les critères de valorisation des cursus universitaires : les meilleurs élèves pourront prétendre à la fac de business et gestion, tandis que les plus nuls seront directement orientés en fac d'art, langue ou philo... Ainsi le regard confucéen jeté sur la société regagne-t-il actuellement en popularité, et l'orgueil national, bien las des attaques raisonnées de la logique « occidentale », se claquemure dans ses valeurs itératives : Le rêve du pavillon rouge, Les trois royaumes, Le voyage vers l'ouest et les bonnes paroles de Confucius saturent à eux seuls un pourcentage avéré des émissions télévisées, depuis le contenu des pubs à celui des programmes éducatifs, en passant par les téléfilms, quand le reste se consacre à la dénégation des valeurs « occidentales » car, comme l'expliquait doctement cette prof de Shi fan da xue[3]dans le programme d'éducation populaire télévisé de 12h 45 : « Pour diriger un peuple heureux disait Confucius, il faut des soldats en nombre suffisant, de la nourriture en quantité suffisante mais surtout, il faut de la croyance de la part du peuple envers son souverain.  Aujourd'hui l'intelligence occidentale consiste en une accumulation de connaissances, mais on peut aussi faire le choix de, tout simplement, croire. »... 23 décembre 2006 [
1] cf  Jean-François Billeter Chine trois fois muette, ed. Alinéa, paris 2005
[2] 王晓波思维的乐趣
[3] 北京师范大学 Institut de formation des professeurs de Pékin. La grande professeur 于丹,   a bien choisi son fond de commerce la propagation, puisque ses vulgarisations du moalisme traditionnel sont en tête de gondole des supermarchés de la culture...

Posté par meliepapillon à 14:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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